Le Monte-Plats de Harold Pinter (2005)

Deux hommes, Ben et Gus, dans une pièce en sous-sol, attendent. Nous apprenons bientôt que ces deux individus, deux tueurs à gages, sont là pour exécuter un contrat. Mais cette attente qui se déroule sous nos yeux et qui dès le début de la pièce leur semble banale, se prolonge cette fois de manière anormale.

Face à Ben impassible, dévoué à la bonne application de sa tâche, Gus se révèle tourmenté. Mais alors qu’ils sont à l’affût du moindre signe, un monte-plats se met brusquement en marche. Le temps qui passe va le pousser au doute et à interroger le sens de leur travail.

La machine jusqu’alors dissimulée sous une trappe, nous indique tout à coup que les deux tueurs se trouveraient dans le sous-sol d’un restaurant désaffecté. Et ce mécanisme, actionné par un protagoniste invisible, va « passer commande » :  ce sera le foie de veau, un potage du jour, la tarte confiture.

Le Contrat qui ne vient pas et l’irruption de ce dispositif inattendu vont mettre à fleur de peau les nerfs des deux co-équipiers. Sûr de lui et persuadé que tout cela est prévu par l’Organisation, Ben se retranche dans ses certitudes. Gus, lui,  stupéfait et bombardé de sentiments contradictoires, mêlant la peur à l’incompréhension, va perdre peu à peu son sang froid.

Les commandes affluent et les mets se compliquent : un macaroni pastitsio, un poulet aux Châtaignes d’eau, des haricots mange-touts… Prisonniers d’une mécanique infernale, incapables à saisir le sens de tout cela, les deux hommes vont s’affronter jusqu’au dénouement final.

Auteur : Harold Pinter
Mise en scène et scénographie : Philippe Chuyen
Direction d’acteurs : Ivan Dmitrieff
Décors et lumières : Jacques Badeau
Costumes : Corinne Guilloux
Jeu : Philippe Chuyen et Jacques Maury